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mercredi 16 janvier 2013

Le sang...

Quelle étrange et lugubre fascination me pousse à imaginer ce liquide rouge, le voir couler lentement déterminé emportant avec lui doutes, questions, tristesse, pensées mais surtout vie avec son chaos inné...

Quelle morbide pulsion peut me pousser à le considérer comme une issue envisageable à un dilemme sordide et pourtant impossible à trancher.

Quelle faiblesse ou quelle force recèle ce fluide vital....

Tant de culture l'ont considérer comme le vecteur de vie, l'absorber c'était acquérir les propriétés de son créateur...

Laver les problèmes dans le sang, se faire un sang d'encre, glacé le sang, avoir du sang froid ou au contraire le sang chaud, faire couler le sang, ma chair mon sang, toutes ces expressions prouvent que le sang est toujours au cœur de nos préoccupations.

L'imaginer couler est à la fois grisant apaisant et incroyablement égoïste....

Si je pouvais lire dans le sang peut-être ne verrais qu'un seul mot.....fin.....

jeudi 27 septembre 2012

Que sont les Historiettes...

Parfois les mots s'imposent, ils tourbillonnent dans ma tête répétant leur inlassable litanie jusqu'à ce que je les couche sur le papier. Des images, des fragments de vie de personnages inconnus, des situations se matérialisent sans que je ne sache vraiment ni d'où ils viennent ni où ils vont......

Quel intérêt de leur donner vie ? Premièrement passer à autre chose, car sinon ils me hantent sans répit, et d'autre part créer, même quelque chose d'incomplet de maladroit, faire exister même peu de temps à un endroit où il n'y avait que le néant est exhaltant.

Quand je relis mes mots, j'ai cette impression tenace qu'ils appartiennent à une autre, aussitôt coucher ils cessent d'être à moi, d'ailleurs ils ne font que passer. Je ne suis que la plume qui leur permet d'exister ni plus ni moins importante que ce blog qui est le papier.

Alors comme dans ma note précédente où vont ces personnages ? d'où viennent ils ? qu'elle est leur histoire ? je ne le sais pas, j'ai juste entrevue cette marche sous la pluie d'un homme stressé et cette rencontre semblables à 100 000 autres probablement. Cette scène donne une impression de déjà vu tant elle est classique, mais voilà j'avais besoin de l'écrire, et je ne saurais dire pourquoi.

J'ai une catégorie pour ce genre de textes, "Historiette", ce ne sont pas des histoires car il n'y a ni réel début ni fin, parfois un thème précis est abordé, parfois comme cette fois ce sont simplement des mots jetés en vrac, mais en tous les cas ce sont toujours des situations imaginaires, rien de réel ni de concret.

J'aime secrètement ce genre de texte, capable de susciter une émotion en peu de mots, parfois l'important n'est pas de savoir tout d'une personne, mais de trouver la justesse d'une scène, finalement le fait qu'ils soient là enlacer est plus important que l'avant et l'après, ce moment X est beau le reste de leur vie est sans doute banal à pleurer.

En tous les cas, merci d'être passé....

mardi 25 septembre 2012

La plume au vent...

Il marchait d’un pas rapide, heurté, la tête légèrement inclinée pour repérer les obstacles malgré la pénombre grandissante. Il y avait comme une urgence dans son pas, une question de vie ou de mort ne l’aurait probablement pas rendu plus pressé. D’ailleurs c’était un peu le cas, en quelque sorte, pour lui. Il sourit à cette idée, d’un sourire triste et furtif comme une ombre de plus sur son visage.

Une fine bruine commença à tomber. Il ne ralentit pas. La météo le laissait totalement indifférent ce soir là, il n’aurait pas marcher différemment sous la neige ou sur le verglas, mais il était quand même heureux que cette humidité palpable soit sa seule source de désagrément.

Une voix dans sa tête lui murmura qu’il pouvait prendre froid, qu’il était encore fragile. Mais une autre la fit taire, cela n’avait plus aucune espèce d’importance.

Il était habitué à ses voix. Quand les idées étaient trop nombreuses, quand il avait besoin de voir clair dans une situation confuse, elles s’incarnaient avec un timbre propre et exprimaient ses pensées, cela l’aidait à comprendre, à faire le tri. Elles avaient d’ailleurs longtemps débattu sur ses intentions, même si au final il avait suivi une impulsion, une envie totalement déraisonnable.

Il arriva enfin en vue de sa destination, un bâtiment sombre imposant se dressait à l’angle de la rue. Il frissonna. Son destin se jouerait là devant ce monument austère et par temps brumeux, quelle ironie pour ce fils du soleil.

Il ralentit, puis s’arrêta, étudiant les environs d’un regard hanté, repérant rapidement un endroit, un banc, qui lui permettrait d’attendre suffisamment près pour ne pas la rater mais assez loin pour lui donner le temps de la voir avant de l’aborder. Il s’installa s’exhortant à la patience avec une inefficacité remarquable.

Il tenta de se souvenir pourquoi il était là de revivre les bons moments passés avec elle, mais sa nervosité déposait un voile terne sur ses souvenirs.

Il n’était qu’impatience. Il avait chaud malgré la bruine pénétrante, et des frissons le parcourait il se cru malade avant de reconnaître les symptômes de la peur. Comment prendrait-elle sa présence ?

Puis il y eu comme un trou noir, son estomac heureusement vide lui tomba en bas des pieds, ses yeux avaient accrochés sa silhouette qui se profilait sur les marches. Trop tard pour reculer.

Il se leva sans la quitter des yeux et sans en avoir conscience approcha. Elle avait la tête tournée vers lui, mais l’obscurité naissante et la distance ne lui permettait pas de distinguer ses traits. Il continuait à avancer mais de plus en plus lentement, alors qu’elle s’était arrêter en bas des marches, comme pour amortir le coup qu’elle s’apprêtait à lui porter.

Malgré l’impression de se sentir à la fois lourd et léger, d’avoir envie de rire et de pleurer, il combla les derniers mètres qui les séparaient et, après une énième hésitation osa plonger son regard dans le sien.

Il vit des larmes et un sourire si doux que plus rien en compta leurs bouches se soudèrent même si aucun des deux n’auraient pu dire qui avait pris l’initiative de se baiser. A la fois besoin nécessité et accomplissement, ils s’embrassèrent à perdre haleine....           

 

mercredi 1 juin 2011

Parabole de l'Etoile...


Il pleuvait à torrent depuis le matin. Elle était en retard de plus d’une heure, et il en avait marre de l’attendre. Elle n’était même pas son genre mais il se sentait seul en ce moment. Enfermé dans un personnage qui ne lui correspondait pas, il se trouvait à l’étroit dans sa vie, comme étouffé, asphyxié.

L’image que les autres avaient de lui, le faisait souffrir, il ne savait plus comment s’en sortir, alors il avait cherché à faire une rencontre nouvelle et voilà qu’elle l’avait planté là. Un échec de plus.

Il se retourna rageusement et découvrit le magasin contigu au café dans lequel ils avaient rendez-vous. Un antiquaire, il pouvait toujours aller faire un tour en attendant une éclaircie. Il poussa la porte et pénétra dans une petite échoppe très sombre encombrée jusqu’au plafond de vieilles choses, il repéra deux ou trois meubles intéressant mais il ne savait pas où les installer.

Il découvrit tout au fond entre deux secrétaires une vitrine remplie de bijoux anciens. Le premier que l’on remarquait était un saphir monté sur de l’or blanc, il était assez gros et brillait de milles feux, sa forme était d’un ovale parfait et la finesse de la chaîne le complétait admirablement. Un bijou probablement unique et très cher aussi, mais envoûtant !!!!

Le second qui attirait l’œil était une bague en forme de cœur d’un rose tendre et dure à la fois, on aurait dit que la pierre s’était développée uniquement dans le seul but de devenir un cœur parfait, les griffes d’or fin qui l’enchâssaient sur un anneau ciselé à la perfection étaient discrètes et mettaient en valeur la pierre. Assurément cette bague était un merveilleux présent de fiançailles elle inspirait l’amour.

Les autres bijoux étaient plus quelconques, des montres, des boucles d’oreilles, des bracelets, rien d’aussi beau que les deux premiers. Pourtant un éclat rouge sombre attira son regard et éveilla sa curiosité, un pendentif était coincé tout au fond de la vitrine un peu dissimulé par les éclairages. Il appela le vendeur et lui demanda de lui montré le bijou de plus prêt, celui-ci s’exécuta surpris.

C’était un tout petit pendentif approximativement de la forme d’une étoile, mais si mal fait que c’était difficile d’être sûre. La pierre qui composait son centre était pleine de défauts, on aurait dit que le tailleur n’avait eu d’autre but que de les mettre tous en valeur, elle était taillée en dépit du bon sens, et pourtant l’effet était saisissant. Il ne coûtait que 5€, un prix dérisoire aussi n’hésita-t-il pas.

Il installa son curieux pendentif sur une longue chaîne en argent, il ne voulait pas que ça se sache, il n’était pas très masculin ce bijou, ni très beau, juste intéressant, tellement imparfait, qu’il en devenait touchant. Il resterait caché à même sa peau, ses aspérités et sa chaleur étaient sensuels, le contact lui plaisait. Sa présence sur son cœur le rasséréna, il n’était plus condamné à l’échec, il avait maintenant une étoile porte-bonheur.

Et pour la première fois depuis longtemps il sourit.